Lyon –Turin : L’inutilité du projet est à nouveau confirmée

Dans cette contribution (synthèse au 18-02-16 ), Bernard Reverdy revient sur la principale justification du projet de nouvelle ligne doublant la ligne ferroviaire de Lyon à Turin. L’ouverture d’un nouveau tunnel n’est justifiée que si le tunnel ferroviaire actuel du Mont-Cenis n’a pas la capacité d’absorber le trafic futur.

Utilisant les dernières statistiques européennes connues en 2015 en matière de transport et retenant les hypothèses les plus favorables sur les évolutions attendues en particulier en terme de transfert modal vers le fer, cette contribution conduit à une conclusion simple : en 2033, soit cinq ans après la mise en service prévue du nouveau tunnel, le trafic ferroviaire marchandises actuellement de 3 millions de tonnes ne dépassera pas 10 millions de tonnes, volume que le tunnel actuel est largement en capacité d’absorber.

Cette ultime vérification confirme les avis réservés de nombreux économistes et experts du transport ferroviaire. Le financement de la part française pour cette nouvelle infrastructure n’étant pas encore acquis, puisqu’il repose sur la mise en place d’une « eurovignette alpine », il est encore temps d’arrêter le projet et de reporter l’effort public sur l’utilisation optimale du tunnel ferroviaire actuel.

18 février 2016

Bernard Reverdy a quarante années d’expérience professionnelle dans les grands projets d’infrastructure, l’aménagement du territoire et le développement économique. Associé à l’économiste Brieuc Bougnoux, ils ont ensemble produit trois expertises indépendantes sur le projet Lyon-Turin en 1997, 1999 et 2006. Ancien élève de l’Ecole polytechnique, Bernard Reverdy a enseigné pendant dix ans l’économie comme Professeur associé à l’Université Pierre Mendés France de Grenoble. Depuis 2008 il est élu local en Savoie.